La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) s’est imposée comme l’une des formes juridiques préférées des entrepreneurs français. Mais comme tout statut, elle présente des atouts et des limites qu’il convient de bien peser avant de se lancer. Tour d’horizon complet des avantages et inconvénients de la SASU.
Quels sont les avantages de la SASU ?
Une grande liberté statutaire
La SASU est l’une des formes juridiques les plus souples du droit français. Les statuts sont librement rédigés par l’associé unique, qui peut organiser le fonctionnement de la société comme il l’entend.
Une protection sociale de qualité
Le président de SASU est rattaché au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie ainsi d’une couverture maladie, maternité, retraite et prévoyance comparable à celle d’un salarié classique, bien supérieure à celle des travailleurs non-salariés (TNS) relevant du régime SSI.
Une responsabilité limitée aux apports
En tant que société, la SASU offre une séparation claire entre le patrimoine personnel de l’associé unique et celui de la société. En cas de difficultés financières, les créanciers ne peuvent pas se retourner contre les biens personnels du dirigeant, sauf faute de gestion avérée.
Une structure évolutive et attractive pour les investisseurs
La SASU peut facilement se transformer en SAS en accueillant de nouveaux associés, sans formalités lourdes. Cette structure est également plus rassurante pour les investisseurs et les partenaires commerciaux qu’une entreprise individuelle.
Quels sont les inconvénients de la SASU ?
Des charges sociales élevées
C’est le principal frein. Les cotisations sociales du président assimilé salarié représentent environ 65 à 70 % de sa rémunération nette. Contrairement au gérant majoritaire de SARL, qui relève du régime TNS avec des cotisations plus faibles, le président de SASU supporte un coût social important dès qu’il se verse un salaire.
Une comptabilité obligatoire et rigoureuse
La SASU est soumise à des obligations comptables strictes :
- Tenue d’une comptabilité complète ;
- Dépôt des comptes annuels au greffe ;
- Établissement d’un bilan et d’un compte de résultat.
Ces formalités ont un coût, notamment si vous faites appel à un expert-comptable. Des logiciels complets comme Indy permettent toutefois d’automatiser ces tâches et de réduire significativement ce poste de dépense.
Des frais de création et de fonctionnement
Créer une SASU implique des frais d’immatriculation, de rédaction des statuts et parfois de publication d’une annonce légale. À cela s’ajoutent les frais annuels de gestion : dépôt des comptes, éventuels honoraires comptables, frais bancaires…
L’absence de droits au chômage pour le président
Malgré son statut d’assimilé salarié, le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat social. En cas de cessation d’activité, il ne peut pas prétendre à l’ARE, sauf s’il dispose de droits issus d’un précédent emploi salarié.
La SASU est-elle faite pour vous ?
Les profils qui correspondent à la SASU
La SASU est particulièrement adaptée aux :
- Entrepreneurs avec un fort potentiel de croissance, qui envisagent d’accueillir des associés ou des investisseurs à moyen terme ;
- Cadres ou salariés en reconversion, qui souhaitent maintenir une protection sociale de haut niveau ;
- Consultants et freelances à revenus élevés, pour qui la distinction entre patrimoine personnel et professionnel est stratégique ;
- Porteurs de projet innovant, notamment dans le cadre d’une levée de fonds ou d’une entrée au capital d’un fonds d’investissement.
Les profils pour qui la SASU est moins adaptée
En revanche, la SASU est moins pertinente pour les entrepreneurs débutants avec un chiffre d’affaires modeste, qui supporteront difficilement le poids des charges sociales et des obligations comptables. Dans ce cas, le statut de micro-entrepreneur ou l’EURL au régime TNS peuvent s’avérer plus économiques dans un premier temps.